L’année 2010 n’aura pas été aussi chahutée que les années 2008 et 2009,
mais elle aura connu son lot de péripéties, rebondissements et crises :
La baisse de l’Euro, la crise Grec, la crise irlandaise, le record
historique de l’Or…
Quant au marché des taux
d’intérêts, il aura été d’une rare volatilité : L’Etat français
empruntait à 3.5% début 2010, à 2.5% début Septembre, et 3.3% en
décembre ! Les taux des prêts immobiliers se sont d’ailleurs replié, et
certains emprunteurs en ont profité : Parfois moins de 3.1% sur 15 ans,
les taux les plus bas depuis 2005. Fort logiquement, le rendement des
fonds en Euro, le placement le plus utilisé par les français, a
continué sa glissade: Le taux moyen 2010 des contrats d’assurance-vie
devrait se situer aux environs de 3.3% (3.6% en 2009).
L’immobilier en a lui profité
pour reprendre de la hauteur : Les prix à Paris ont atteint des sommets
inconnus jusqu’ici (>7000 € / m² en moyenne !), et ceux des grandes
métropoles françaises se rapprochent des niveaux de 2007.
En toile de fonds, la loi de
finance 2011 et les différentes loi de finances rectificatives 2010 (4
en une seule année, encore un record !), confirment ce que nous savons
depuis longtemps, à savoir que l’Etat français n’a d’autre choix que
d’augmenter les impôts (même si la formule est taboue).
Qu’attendre alors de 2011 ? Quelles stratégies privilégier ?
Au-delà des traditionnelles
recettes que je m’applique à mettre en œuvre (diversification, respect
de votre sensibilité au risque et de votre horizon de placement),
quelques orientations nous semblent devoir être privilégiées :
Baisse des fonds Euro : Comment réagir ?
Cela fait des années que nous
vous y préparons : Les fonds en Euro continueront à voir leur rendement
s’éroder. Tant que l’inflation est contenue (<1.5% en 2010), le
rendement réel reste positif (>1.5% en 2010), mais qu’adviendra-t-il
en cas de retournement des prix ?
L’inflation importée commence d’ailleurs à augmenter, à cause de la
baisse de l’Euro, de la hausse du prix du pétrole, et de la forte
croissance des pays émergents.
Deux attitudes peuvent être adoptées :
1. Ne rien
faire pour ne pas déroger à la garantie contractuelle en capital dont
bénéficie votre fonds en Euro : Mais alors il faudra accepter une
éventuelle érosion du pouvoir d’achat de cette épargne en cas de hausse
durable de l’inflation (taux réel négatif).
2. Diversifier une partie de vos avoirs investis en
fonds Euro vers d’autres supports : Mais alors accepter un risque en
capital, faute de garantie contractuelle.
Mon opinion est que la seconde est plus appropriée.
Immobilier : Bulle ?
L’immobilier est justement l’un des supports de diversification possible. Est-il trop tard ?
Rien n’indique aujourd’hui que le marché soit entré dans une « bulle »
: Même s’il faut s’attendre à une stabilisation des prix, l’immobilier
reste soutenu par des facteurs structurels, comme la démographie
dynamique du pays.
L’environnement fiscal restant
encore favorable en 2011 (jusqu’à 22% de réduction d’impôt), les taux
d’intérêts restant faibles, l’immobilier d’investissement reste une
solution d’actualité, que ce soit en direct (acquisition d’un bien), ou
via des supports collectifs (SCPI).
Supports financiers : Les fonds diversifiés/flexibles ?
La déception/défiance des
épargnants vis-à-vis des placements financiers non garantis en capital,
repose sur un malentendu : Ils croient que le gérant d’un fonds en
actions essaie d’anticiper les évolutions des marchés financiers. Or il
n’en est rien. Son rôle est d’appliquer une politique de gestion
respectant la classification du fonds.
Par exemple : Un fonds est
classé comme fonds d’actions françaises éligible au PEA ; son gérant
devra ainsi être investi en actions françaises pour au moins 75% des
actifs, à tout moment, même s’il anticipe une baisse du marché. La
plupart du temps, sa performance sera ainsi très proche des indices
boursiers (comme le CAC40). En clair, il y a un pilote dans l’avion
mais il n’a pas le droit de toucher aux commandes (pilote automatique).
Mais tous les fonds
d’investissement ne sont pas gérés ainsi : Certains gérants ont toute
latitude pour faire évoluer leur exposition aux actifs à risque, en
fonction de leurs anticipations : Il y a un pilote dans l’avion, et le
pilotage automatique est débrayé. Ces fonds sont souvent classés dans
les catégories : « Diversifiés », « mixte », « flexible »…
Un gérant ne pourra pas anticiper avec
succès tous les mouvements de marchés, mais en diversifiant
intelligemment sur plusieurs gérants, il sera possible sur le long
terme d’améliorer nettement le rendement d’un portefeuille d’actifs
sans garantie en capital, et surtout, de traverser les crises
financières récurrentes avec plus de sérénité.
Que ce soit en matière immobilière ou en financière, cette année encore
je m’emploierai à vous trouver des supports qui apporteront une réelle
valeur ajoutée à votre patrimoine. Ainsi, au milieu de cet
environnement économique, fiscal et financier toujours fluctuant, je
resterai là pour vous accompagner dans cet exercice, ô combien
difficile, qu’est la gestion de votre patrimoine.
Stéphane THIENNOT
Le Mardi 11 Janvier 2011
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